L’amour est partout : offrir et recevoir de chouettes livres

J’ai rencontré pour vous (et pour moi aussi !) la pétillante Viviana Pavan, qui a lancé le mouvement « L’amour est partout », un groupe de partage de livres à La Rochelle et dans toutes les villes que tu traverseras. Modeste pour le moment, c’est LE jeu qu’on attendait pour créer une communauté pour partager nos plus belles lectures avec de parfait(e)s inconnu(e)s.

Comment t’est venue cette idée de dons de livres ?

Depuis quelques années, je ressens un besoin très fort de partager plus de choses sincères et humaines. J’ai fait une reconversion professionnelle dans ce sens, mais ça ne m’a pas suffit, je cherche toujours des idées pour rapprocher les gens autour de projets sympas. Comme j’adore l’idée du livre voyageur, je me suis dit que ça serait une idée fédératrice, qui pourrait toucher beaucoup de monde !

J’ai commencé à demander à mes collègues de travail et aux membres du groupe Facebook Apéro filles La Rochelle si iels avaient des livres en bon état à partager.

« Un livre qui entre chez moi, il n’en ressort pas, jamais ! Alors j’en ai racheté certains que je voulais partager pour ne pas me séparer des miens ! »

Et ce titre, « L’amour est partout » ?

En me promenant à La Rochelle, je suis tombée plusieurs fois sur des inscriptions sur les murs et sur les portes : « Toi, là, je t’aime » ou juste « Love » avec des jolis motifs. Je me suis dit : « Ah, vraiment, l’amour est partout ! ».

L’amour, c’est beaucoup une question de partage, et j’aime bien l’idée qu’on puisse tomber sur un geste d’amour sans s’y attendre.

Qu’est ce qui différencie ton idée des boîtes à livres, où ils sont aussi gratuits ?

Je trouve l’idée des boîtes à livres très bonne, mais souvent on tombe sur des vieux livres qu’on a posés là comme pour s’en défaire, un peu comme si on avait une cave où on déposait ce qu’on ne voulait plus. Pour l’amour est partout, il y a une intention spéciale derrière le don, on dépose quelque chose qui nous a touché, dans le but de faire découvrir à quelqu’un une lecture qui nous a plu.

Quels livres tu partages le plus ?

Je suis une grande fan de romans noirs. Je lis beaucoup de polars, alors j’en partage beaucoup. J’ai aussi acheté d’autres styles, comme la romance ou du Musso, pour faire plaisir à d’autres lecteurs.

Tu n’es jamais curieuse de voir qui reçoit tes livres ?

C’est vrai que c’est excitant d’offrir un livre à un inconnu, alors forcément des fois ça serait tentant de rester regarder qui le prend. Ça m’est déjà arrivé de rester à quelques mètres pour observer les réactions des gens. Mais comme je ne reste jamais longtemps, je vois surtout des mains hésitantes prendre le livre, le retourner rapidement puis le reposer. J’ai créé un groupe Facebook http://L’amour est partout où on peut poster sur les livres qu’on dépose où ceux qu’on reçoit.

Une anecdote sympa à nous raconter ?

Oui ! Un jour, une personne a déposé un livre mais n’a pas eu de retour dans les jours qui ont suivi. Pourtant, il n’y était plus. Quelques jours plus tard, il a refait surface place des Vosges, devant la maison de Victor Hugo ! La personne ne l’avait pas lu mais avait voulu jouer le jeu et avait ajouté un petit mot doux 🙂

Un message pour nos lecteurs ?

Partagez !

Partagez des livres que vous avez aimés, et venez dans le groupe en discuter (http://L’amour est partout ) ! Le partage crée des liens, et de belles rencontres, regarde-nous (PS : on est restées une heure et demie en terrasse à faire connaissance et à rigoler). Plus on va être nombreux et visibles, plus il y aura de choix de lecture, et plus la chaîne de partage va grandir, plus on aura de plaisir à trouver et recevoir des livres au gré du hasard !

Comment donner le goût de la lecture aux enfants : 4 conseils simples à appliquer

Transmettre l’amour des livres à votre enfant est un vrai cadeau. Mais comment éveiller chez lui le plaisir de lire, sans que cela ressemble à une corvée scolaire ? Voici 4 conseils faciles à suivre, pour encourager la lecture chez les enfants et faire naître le goût des livres.

Reliez la lecture aux centres d’intérêt de votre enfant

Votre enfant aime les dinosaures, les pirates, les chevaux ou les jeux vidéo ? Il existe forcément un livre adapté à ses passions. À La Rochelle, vous pouvez facilement trouver des livres jeunesse sur l’océan, les animaux marins, les phares, les aventures de marins…

L’important, c’est de partir de ce qui l’attire naturellement. Il se sentira concerné, curieux, et la lecture deviendra un prolongement de ses passions. Que ce soit une bande dessinée, un roman d’aventure ou un documentaire illustré, toutes les formes de lecture comptent.

Proposez des livres audio ou lisez à voix haute

La lecture peut aussi passer par l’écoute. Les livres audio pour enfants sont un excellent moyen de faire entrer votre enfant dans le monde des histoires. De mon côté, j’ai gardé un souvenir très marquant de mon livre audio du Roi Lion, lu par Claude Brasseur : l’émotion, les voix, les silences m’avaient totalement embarquée… bien plus que le livre papier. Et je récitais/racontais à mon tour l’histoire à ma petite sœur.

Aujourd’hui, vous pouvez écouter un conte dans la voiture, à la maison en mode calme, ou le soir avant de dormir. C’est une autre façon de nourrir l’imaginaire de votre enfant.

Photo de RDNE Stock project sur Pexels.com

Créez un rituel de lecture agréable et régulier

Pour que la lecture devienne un vrai plaisir, installez un rituel. Un moment de lecture partagé, dans un coin calme avec un transat, une couverture, un chocolat chaud… Rien de tel pour transformer la lecture en une pause bien-être.

Ce rituel peut avoir lieu le soir, le week-end ou après l’école. C’est l’ambiance qui compte, pas le résultat. Juste un moment doux autour des livres, qui montre à votre enfant que lire, c’est aussi se faire du bien.

Visitez les différentes médiathèques de La Rochelle

Les lieux du livre sont essentiels pour développer la curiosité des enfants. À La Rochelle, plusieurs médiathèques proposent un large choix de livres jeunesse, des animations et des conseils de lecture personnalisés.

Voici les médiathèques de La Rochelle :

  • Médiathèque Michel-Crépeau (si vous n’avez pas eu l’occasion de la voir après les travaux, fonçez !)
  • Médiathèque de Mireuil
  • Médiathèque de Laleu – La PalliceLa Rossignolette
  • Médiathèque de Villeneuve-les-Salines

Les rayons « Jeunesse » y sont vraiment mis à l’honneur. Vous y trouverez des nouveautés, les classiques que vous avez connus il y a quelques années…

En plus des lectures de contes, des ateliers ou des rencontres jeunesse y sont souvent organisés. Jetez un œil au programme : https://mediatheques.agglo-larochelle.fr/

Ps : il y a aussi mes ateliers du mercredi et du samedi : ✍️ Ateliers d’écriture – jeunes. Jouez pour gagner un atelier spécial : https://helenewindom.fr/2025/06/11/jeu-concours-de-lete-gagne-un-atelier-decriture/


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Je veux être Lola Lafon

Parce que quand tu parles de Lola Lafon, tu parles de son écriture et de sa diction. Précises, élégantes, mais d’une liberté enviable comme sur le podcast littéraire d’Arte. Tu réalises que ce que tu lui envies, ce n’est finalement ni sa façon de parler, ni ses idées, mais sa conscience de soi.

Tu lis une artiste reconnue – y compris par elle-même – et qui ne remet pas en question le sérieux avec lequel on va recevoir ses propos. Une confiance affirmée sans détour.

Chavirée par Chavirer

J’ai donc acheté Chavirer pour prolonger le moment où je l’ai découverte : les trois interviews de Bookmakers, le podcast sur les écrivains, leur processus d’écriture, la naissance de leur inspiration… créé par Richard Gaitet. Au début je ne savais pas comment prendre la sensation de légitimité absolue qu’elle dégage. Puis les jours suivants, j’avais envie de retrouver cette confiance. De l’appeler un soir, fumer une clope avec elle. Il me fallait encore de cette confiance, cette droiture d’adulte assumée, limite « bourge ». Un jour quelqu’un a bien dû lui dire ce qu’elle valait, lui donner cette légitimité. Sinon, c’est encore plus admirable, mais ce n’est pas la question pour le moment !

Cléo, anti-héroïne douloureuse

Dans Chavirer, Lola nous présente Cléo, 13 ans, quelques mois et quelques jours, consciente, elle, de sa banalité.

Elle décrit comment se dévoile sa nouvelle importance, sa triste médiocrité s’efface au fil des chapitres. La gosse se retrouve au centre des attentions de ses camarades de collège et des membres de sa famille. La position offerte par sa nouvelle amie est grisante. Et tu as beau avoir lu la quatrième de couverture, tu ne peux pas t’empêcher de te réjouir pour elle.

Ah en fait non, dès la page 30, le mal au ventre s’installe. Il faut faire marche arrière mais comme Cléo, 13 ans, moi, 36 ans, je n’arrive pas à réécrire l’histoire.

Je me crois dans un livre d’épouvante, j’ai envie de prévenir « non, non, attention n’y va pas ! » Mais j’attends le soulagement, un nouveau chapitre ou la fin du roman.

Et toi, tu aurais réagi comment ?

Il est difficile de deviner la part de ce qui a été expérimenté par l’auteure et de ce qui lui a valu de longues heures de recherches documentaires pré-écriture. J’ai relu intérieurement plusieurs fois ces paragraphesLola Lafon décrit les freins que rencontre son héroïne une fois adulte et qui offrent un témoignage saisissant de ce qu’on garde d’un passé compliqué, des conflits qui nous accompagnent dans toutes nos nouvelles constructions.
On ne cherche pas de prétexte ou d’excuse à Cléo. On regarde juste un humain anonyme chavirer, par gros temps et sans secours.

« Maintenant, tout semblait indiquer que Cléo aurait 13 ans pour l’éternité, elle se cognait à chacun des angles morts de cette éternité. »

Extrait de Chavirer


Chavirer, Lola Lafon. Ed. Actes Sud, 20.5 balles.

Oh non j’ai plagié Gringe !

Gringe qui se lance dans l‘écriture autobiographique ? Quand j’ai vu les premiers posts de sa promo pour Ensemble, on aboie en silence, je me suis dit “Nan, le gars, un an avant que je sois publiée, va sortir mon bouquin avant moi. C’est foutu.” Un type et son frère schizophrène : leur enfance, la prise de conscience, les déchirures et retrouvailles. Je me croyais unique et innovante, avec mon roman autobiographique arraché à l’encre de mes veines…

Et moi, alors ?

Du coup je n’ai pas acheté, et encore moins ouvert son livre avant janvier. Je voulais savoir comment il avait traité le sujet, mais j’avais peur de me comparer, et de trouver trop de ressemblances entre nos deux livres. 

Heureusement, outre le fait que lui rappait sur scène pendant que je téléconseillais ou vendais des fruits et légumes, j’ai trouvé de nombreux points de dissemblance.

Bien sûr, rassurée, j’ai pris plus de plaisir, voire trouvé une certaine fierté à me retrouver dans certains de ses propos, et mon discours s’est alors transformé :

“Hey mec, tu ne le sais pas encore mais tu vas être mon frère. Je te présente ton beauf, ta nièce. Tu vas la kiffer, et ta nouvelle sœur tu vas pouvoir écrire un deuxième bouquin sur elle !”

Quelques tournures de chapitres en commun 

En fait ça fait même carrément du bien de voir couchés sur la papier par quelqu’un qui est pile dans la même position que toi, les moments d’incompréhension sur la maladie elle-même et sur comment ton frère ou ta sœur peut en jouer, ou bien se limiter encore plus en se sachant malade. 

“Thibault voit tout et entend tout. Et je refuse qu’on ne voie plus en lui qu’un symptôme. Ça le dépossède de sa personne, ça le dépossède de son histoire.
Et les deux sont bien trop belles.”

Extrait de Ensemble, on aboie en silence de Gringe.

Très tôt j’avais appris à tenir compte des voix et délires de ma mère, puis de ma sœur plutôt que d’essayer de les convaincre que c’était faux. Alors j’adore quand Gringe se demande s’il va pas négocier lui-même en direct avec les voix pour qu’elles acceptent d’écrire ce témoignage ! Tu sens qu’il a (plus que moi) réfléchi l’existence de la partie immergée de son frère. Malade ou pas, on s’en fout, de toute façon on n’a pas assez de vocabulaire pour appréhender l’univers de la personne avec qui on a grandi. 

J’aurais voulu écrire sonJe suis le grand frère que je ne souhaite à personne

Le truc qu’on retrouve dans les témoignages de proches de personnes malades, c’est cette fichue culpabilité. Et là je suis jalouse de ce début de chapitre d’Ensemble on aboie en silence

“- Le syndrome du survivant –

Une souffrance insidieuse, permanente, usante. De celle qui vous terrasse et ravage tout autour, vous fauche dans votre élan. De celle qui falsifie votre perception des choses, altère jusqu’à votre identité.”

Si un jour je rencontre Gringe, je lui demanderai, si sa pudeur m’y autorise, s’il a mis en place des stratagèmes pour éviter de faire culpabiliser son frère. Est-ce qu’il a essayé de lui cacher sa propre souffrance ? En lisant entre les lignes, je dirais que oui, mais j’ai peur de projeter sur lui mes propres constructions. 

“Si je mettais un point d’honneur à vouloir te protéger des dangers du monde, la vérité c’est que j’étais agité; Trop agité. […] Et, dans l’intimité de nos rapports, qui pouvait te protéger de moi ?” 

Non ça va je n’ai pas plagié. Je pense que pour définir le plagiat on doit tenir compte de l’intention de la personne. Et pour le moment, personne n’a déposé un brevet pour la schizophrénie ? C’est bon je peux continuer 🙂 

GRINGE, Ensemble on aboie en silence, Harper Collins, 16,5 balles.