X Files : la vérité est ailleurs

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Débloquer la créativité : retour aux souvenirs

Une femme que je coache pour l’écriture de son bouquin m’a fait vivre une expérience unique, presque magique. Ensemble, on a replongé dans des souvenirs qu’elle avait enfouis « au delà du réel ».

Coaching en écriture : une connexion très particulière

Il y a une jeune femme avec qui je travaille depuis quelques semaines, sur un coaching d’écriture. Son projet est bien avancé, elle sait (à peu près) où elle veut que ça aille, et elle a rédigé plusieurs chapitres, qu’elle m’envoie au compte-gouttes pour qu’on les relise ensemble pendant nos rendez-vous à l’Atelier.

C’est un « cours » qui est très intense à chaque fois, car on s’est très vite « connectées », on n’a pas eu besoin d’accorder nos violons, et le sujet qu’elle traite me parle beaucoup, au point que j’en arrive à me féliciter qu’il y ait beaucoup de connards sur terre.

Cette connexion, comme je l’ai dit à mon mari, finit souvent par arriver au bout de quelques séances, mais là, on s’est bien trouvées, grâce à une amie commune qui me l’a envoyée.

Relecture du manuscrit : un plongeon en douceur

Donc, nous voici à passer une heure à relire ses écrits, à discuter de la pertinence d’une précision, à chercher comment rendre une narration plus poignante, une douleur plus fulgurante. C’est un travail qui demande une sacrée concentration, et rapidement, il n’y a plus que les ronflements de la chienne et ma voix qui commente les passages déjà bien construits. Elle a une jolie plume et une bonne analyse mais on sent qu’une certaine pudeur l’empêche parfois de sortir des sentiers battus. Si on lit « Mais dis seulement une parole » on peut ressentir cette petite frustration, on me l’a dit, j’y ai pas mal réfléchi mais je n’ai pas réécrit mon bouquin !

Pendant cette heure de relecture, on devient ensemble cette petite fille victime d’un adulte bien sous tous rapports, on fait de sa parole un témoignage plus puissant et on vit ses angoisses à chaque ligne. On rit de ses impertinences, on a envie de frapper celui qui s’est autorisé à changer sa vie sans s’inquiéter de son avenir, de secouer ceux qui ont protégé ce menteur.

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Une fois cet extrait épluché, je lui avais prévu un exercice pour trouver son propre registre : pas celui de la femme adulte et en reconstruction, pas celui de la psychologue qui s’attaque au trauma par des concepts rationnels. Celui de la jeune qui a dû faire face à un animal alors que son petit cerveau n’était pas armé.

Ça demande un sacré courage, de replonger dans ces souvenirs assez profondément pour pouvoir retranscrire avec précision comment la petite fille d’alors a fait face, quels mécanismes elle a inventés et mis en place pour survivre.

Pour y arriver, et pour, comme je disais, trouver un registre personnel, on s’est lancées dans un exercice que j’avais préparé le matin : à partir de certaines intentions, quel vocabulaire tu déploierais pour nommer ces mécanismes ? Par exemple, si tu veux choquer la personne qui nie ta souffrance, ou si, au contraire, tu aimerais préserver ta propre fille de ce qui t’est arrivé ?  L’une de mes propositions a poussé la jeune femme à replonger dans une scène qu’elle sait, aujourd’hui, avoir été un moment de dissociation et d’actes accomplis machinalement, en pilote automatique.

Une expérience partagée, des mots uniques

C’est là qu’une sorte de magie s’est invitée dans le bureau.

Le crayon dans sa main répondait par lui-même aux questions que je lui posais, si elle levait les yeux de sa feuille pour m’expliquer une modalité ou autre, je lui disais ; lui chuchotais presque, montrant le bureau de mon index,  de noter. Je n’avais plus de politesse, je devais seulement préserver ce fil qu’elle avait tendu entre ses souvenirs et notre bulle, alors, sans la brusquer, je lui disais « note ça » et si elle perdait le fil de ses pensées, je lui répétais mot pour mot ce qu’elle venait de me dire. J’ai eu l’impression de la guider, je savais que seule sa confiance me permettait d’accéder à ses propres métaphores, alors je n’aime pas prendre le dessus sur quelqu’un, mais là c’était pas de l’autorité, c’était une forme d’amour.

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Tout ce qu’elle écrivait était sa vision unique de ces moments de dissociation, dans lesquels elle évitait soigneusement de plonger pour ne pas être submergée, je pense. Je la suivais dans son souvenir, mais les deux pieds sous ma table, hors de danger, et je savais qu’on faisait naître des phrases qui n’avaient jamais vu le jour auparavant.

Elle écrivait, je lui demandais « et comment la petite savait que … ? » et, en direct d’il y a une vingtaine d’années, elle répondait sur le papier.


J’ai beau savoir que ce type de moment est et va rester rare, je sens qu’on a franchi une frontière comme si nos deux énergies réunies aboutissaient à une sorte d’état de génie improvisé, alors, chère jeune femme, je te remercie pour ce moment extraordinaire.

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Comment je me suis découverte auteure

Je suis une putain d’auteure

Je ne sais pas exactement quand je suis passée de fille qui a la tchatche (raconter pour me libérer, pour faire rire les amis, pour convaincre…) à écrivaine. Aujourd’hui encore, bien que ce site soit né d’une envie de partager autour de l’écriture, il va falloir attendre que ma webdesigneuse/meilleure amie me rappelle que si je ne me définis pas officiellement comme auteure, ça se fera pas tout seul !

Cette capacité à faire naître de quelques syllabes une révolution

J’avais toujours été lectrice. Parfois j’imaginais la fierté que j’aurais eue à trouver ou créer telle formule insolente ou poétique, c’est ce qui me fait vibrer. Je ne suis pas mélomane du tout. Quand j’écoute une chanson, c’est à peine si je remarque le rythme ou la mélodie. J’attends qu’elle délivre un message politique, si possible rebelle auquel je puisse m’identifier.

Des textes punks, de la dénonciation, de l’humour, peu importe. Mais toujours des mots qui insultent, blessent, témoignent.

C’est un truc que j’admire chez ceux qui prennent la parole, et c’est comme ça que j’ai longtemps sacralisé cette capacité à faire naître de quelques syllabes une énergie, des rêves, une révolution ! 

« Tu devrais écrire un livre« , « Les gens doivent croire que tu es une mytho »

Moi à côté, je grogne, je trépigne et je pleure. C’est comme ça que je communique ! Quelle frustration de ne pas savoir écrire du beau, réveiller chez autrui l’émotion d’un récit construit et bien conjugué ! Je manque de classe comme d’assurance, je sais vendre mais pas séduire. Et si parfois je brille, c’est que j’ai picolé ou que les mots se sont mis eux-même de la sorte.

Je n’ai aucun contrôle, aucune maîtrise et je dis trop de gros mots. 

Je me souviens que l’idée d’écrire s’est pourtant manifestée assez tôt, mais n’a été acceptable qu’après plusieurs remarques : « mais sérieux tu devrais écrire un livre ! » ou : « les gens doivent croire que tu es une mytho » et voilà déjà mon intrigue sur un plateau d’argent ! 

« Je vais écrire sur ce que je connais, et mes personnages seront imparfaits, comme ma vie. »

Un jour, une de ces filles que j’envie pour sa prestance et son talent m’offre le tome 1 de L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante. L’histoire me plaît, mais au-delà de ça, je me questionne sur la possibilité d’écrire sur une relation ; ses méandres et les intentions de chacun,  et non un événement ou de l’action.

Le rythme tient aux émotions des protagonistes, aux étapes de leurs vies. Il n’y a pas un but à proprement parler, l’intrigue ne se déroule pas autour d’une quête et on se fout de savoir qui gagne.

On regarde le style de combat, les choses qui se vivent à l’intérieur de soi. Je comprends alors : je ne vais pas me lancer dans un roman policier. Je vais écrire sur ce que je connais : mes défauts et faiblesses, et mes personnages seront imparfaits. Comme mon texte, comme ma vie. 

Mon premier livre, cette revanche

Pour mon premier livre, je crois que mon moteur le plus puissant aura été la jalousie. Un petit besoin de vengeance. L’envie de chercher en moi quelque chose de jamais vécu, jamais retranscrit.

Par chance, ma vie a été chargée de combats, j’ai vu mon destin arriver, j’ai dit non. Penser aux filles parfaites que j’enviais au lycée, me lancer dans un concours avec elles sans qu’elles le sachent, imaginer pouvoir les doubler avec mes mots !

Faire de mon incapacité à écrire des trucs romantiques, politiquement « stylés ». Je ne suis ni gracieuse ni élégante, et il ne sera plus question d’être désolée pour ça ! 

Écrire mon parcours, vous faire tester ma vie, et voir comment vous vous en tirez

Quand je me suis lancée, je pensais sincèrement que ça serait juste pour moi. Après quelques mois chez la psy,  les expressions, moments de colère et prises de conscience dansaient dans ma tête toute la journées entre les rayons de l’épicerie où je bossais.

J’avais la matière, l’envie se faisait de plus en plus consciente et en même temps, de moins en moins ridicule. Un besoin, des préliminaires obsédants, et un jour c’est décidé, il faut tester le mécanisme, voir si j’arrive à quelque chose.

Pas forcément une œuvre à montrer, assumer et défendre, juste des lignes dans lesquelles je pourrais me reconnaître. 

J’ai commencé à écrire mon parcours, comme pour dire, une seule et unique fois :

Ok, je ne suis pas comme vous. En terme d’intégration sociale ça serait déjà une fierté de vous arriver à la cheville. Mais venez, testez mon bordel et on va voir comment vous vous en tirez ! 

Je voulais à la fois me pardonner de ne pas en être arrivée au même point que les autres, et me prouver que c’était tant mieux. Que ma place n’avait pas encore été inventée. 

L’hypnose – Épisode 2

Comme je l’expliquais dans mon premier article, il y a quelques années, j’avais testé l’hypnose pour arrêter de fumer. Une addiction en moins, oui, mais une nouvelle commençait à s’installer : 

La sieste thérapeutique

Non, je suis pas névrosée. J’ai juste un passé en surpoids, et je mélange la neuropsychologie et l’hypnose pour me débarrasser de mes pensées négatives.

Souvent je ne me souviens pas de ce qui a été dit pendant la séance, je me « réveille » juste à la fin, bien emmitouflée dans la couverture qu’elle met à disposition.

Je me sens un peu désolée car c’est pas très poli de s’endormir comme ça. Mais à chaque fois elle me rassure : en fait je lui réponds quand je « dors ». C’est devenu une blague « je reviens vous voir pour ma prochaine sieste !! » en me préparant à ressortir. 

En général je me sens comme soulagée, ou pleine d’une envie de sortir m’amuser et profiter.

Laisser derrière moi mes vieilles valises

Après ma séance sur la pression que je me mets trop, j’avais l’impression d’avoir oublié un truc important à mon réveil. Ça m’a stressée, puis en émergeant je me suis rendu compte que c’était un « ballot » dont je n’avais pas besoin. Je n’allais pas faire marche arrière pour récupérer un bagage lourd, un gros sac plein de pierres. Encombrant et inutile. Puis j’ai ressenti comme une fierté d’avoir envoyer bouler cette responsabilité. 

Il y a eu quelques imprévus. Comme la fois où je suis allée la voir pour mes tendances à la boulimie (anxiété et privations de nourriture quand j’étais petite). J’avais hâte. J’adore les moments où je ne mange que le nécessaire et ne fourre pas tout ce qui reste sur la table dans mes bajoues.

Et bien, oui, la bouffe c’était redevenu plutôt sain mais, elle a dû dérégler un truc dans ma tête. (Non, je devrais dire j’ai dû dérégler, car on apprend vite que « c’est vous qui faites tout le travail en séance, moi j’y suis pour rien si votre inconscient en a décidé ainsi »)

Ou elle a dû appuyer sur un mauvais bouton de mon centre de contrôle des idées pourries. Mais c’était l’heure de mon petit joint du vendredi soir, et là ? … Je vous le donne en mille : pas de réflexe pavlovien lors du roulage dans ma chambre. J’ai voulu réessayer le lendemain, toujours rien. Mais non, vous n’avez pas retiré les bonnes angoisses Vinciane ! ça m’a gâché mes soirées joint-télé.

La question de la confiance en soi

Une autre fois, j’avais consulté pour cette sale manie de toujours juger mes travaux et idées nuls à chier.

Je commençais des projets, pleine d’entrain, et à chaque fois, je me comparais aux autres (à mon désavantage bien sûr). Je me dénigrais et préférais abandonner.

On commence la séance, je roupille, puis me retrouve face à moi à 6 ou 7 ans. Je me rends compte qu’à l’époque, j’avais un amour, des vagues d’amour énormes à donner, je voulais protéger tout le monde, les animaux les plantes, tout ce qui est vivant.

Et à cet âge, déjà, je sentais que cet amour était inutile, au mieux ignoré, au pire rejeté et moqué.

Je me vois petite fille, je suis tout près de moi, mais je ne peux pas me consoler. Je ne peux pas me toucher, je me dis que ça va aller, que moi je m’aime, qu’on va avoir une vraie famille après. Mais la gosse ne m’entend pas. Elle regarde un puits dans le jardin.

Je ne savais pas que je méritais à ce point d’être aimé, même petite j’étais trop chou.

L’hypnose selon moi : un grand oui

Bref, oui à mon sens l’hypnose marche. Dans le sens où elle t’aide à mieux voir dans ton cerveau, renouer avec ton inconscient, trouver des forces et de l’amour qu’on ne peut pas réveiller en claquant des doigts.

Ça ne nous change pas, ça nous aide à activer nos capacités cachées sous les mécanismes de défense, les peurs, les préjugés. 

Hypnose – Lire dans tes pensées

Il y a peu de médecines vraiment complètes, ne serait-ce que parce que notre corps et très complexe, et notre psychisme, 10 fois pire.

Bref, j’ai voulu tester l’hypnose

  1. je n’arrivais pas à passer mon permis de conduire,
  2. je n’arrivais pas à arrêter de fumer (ou à repasser en mode fumeuse light, ce qui est déjà pas mal),
  3. je n’arrivais pas à contrôler mes pulsions alimentaires (à 35 ans, ce trip d’ado ne pouvait pas durer sacrebleu !)
  4. j’avais une estime de moi très basse (et la flemme de tout régler uniquement avec la psy),
  5. ce truc m’intriguait depuis Mowgli et Kaa.

Mais si, tu sais:

  Je me suis dit que prendre un risque, pour une séance, serait l’occasion de vérifier les possibilités offertes ou les limites.

Mes débuts avec les médecines alternatives

Avant cela, ado j’avais été embarquée chez un magnétiseur pour arrêter de fumer (13 ans, précoce !). J’en étais ressortie avec une indifférence totale à la clope, voire un peu de dégoût quand ça sentait trop fort.

Il y a quelques années (et c’est ça je crois qui a réveillé ma curiosité pour les médecines alternatives), lors d’un salon bien-être à la Rochelle, j’ai rencontré une énergéticienne qui offrait des séances « découverte » sur son stand.

Sur le coup j’ai été choquée par la véracité de ce qu’elle annonçait sans me connaître (un problème avec une femme autoritaire et un choc à l’adolescence).

Puis en rentrant chez moi je ne savais plus trop. C’était des hypothèses applicables à tout le monde, pas très risquées. (Il y a eu aussi une séance de spiritisme pour reprendre contact avec un vieille connaissance décédée et des rdv chez une psychologue spécialiste de l’EFT. Bref, je peux bientôt rédiger le Michelin de l’Occulte).

À la recherche de ma nouvelle thérapeute

Je me suis donc mise à la recherche de ma nouvelle thérapeute miraculeuse, pleine d’espoir et de défi. Il y en a beaucoup, et sur internet tu te sens vite perdu.e quand tu dois miser sur ton ressenti face à des petites annonces !

Et je suis tombée sur l’une d’elles. Son nom me plaisait, la sonorité, et surtout je suis tombée sur ce texte :

Je n’ai pas le nom de l’auteur (mais je le veux bien 😉).

Je ne dis pas que ces lignes sont dignes d’un serment d’Hypocrate, mais c’était vraiment ce que j’avais besoin d’entendre. Et si elle les avait choisies pour se présenter, ça me résonnait direct en plein cœur. Je n’ai plus hésité.

Pour me lancer, l’arrêt de la cigarette tombait parfaitement. Juste, déjà, parce que livre d’Allen Carr ne m’avait rien fait. Et avec l’industrie du tabac qui nous tuait sciemment au nom du capitalisme, je préférais filer mes sous à une dame de ma ville qui postait de jolis textes. Et aussi parce que ma mutuelle en prenait une partie en charge. Et aussi, parce que moins je fumerais après, plus ma dépense serait amortie. 

Rencontre avec l’hypnose

Elle s’appelle Vinciane, et son contact était vraiment rassurant. Elle était douce, drôle. Elle voulait vraiment que tu te sentes à l’aise, comme à un rendez-vous un peu informel. Aussi, comme elle fait ses consultations à son domicile, tu te dis qu’elle ne va pas te mettre en transe pour te faire les poches et te laisser pour morte dans son propre canapé (de son cabinet, pas dans son salon quand même).

Une grosse partie du premier entretien est dédié à la prise de contact. Elle t’invite à lui expliquer et à creuser pour toi-même. Pourquoi tu fumes, ce que ça révèle de toi… tu sens que tu peux la questionner, t’exprimer librement… La confiance s’installe facilement et sans forcer. 

(Oui j’ai arrêté de fumer, plusieurs mois. Oui j’ai repris. Je fume moins, je peux à nouveau ne pas fumer quand j’ai la flemme, quand je n’ai pas de clope ou pas de sous. Et SURTOUT faire la morale à ceux qui s’avouent accro ! Le truc, c’est quand tu t’autorises à fumer en soirée. La frontière n’est plus assez claire)